PRIÈRE & VISUALISATION

Introduction

Une question, souventes fois entendue, est : “Est-ce qu’un bouddhiste prie?” N’étant pas théiste, l’invocation d’une Entité extérieure pour se réaliser est plutôt écartée car un bouddhiste considère qu’il lui revient de développer sa Nature inhérente de Bouddha! Toutefois, si nous élargissons le concept de “prières”, pour y voir une tentative de syntonisation avec des Forces supérieures, susceptibles de faciliter un tel développement, nous devrons répondre par l’affirmative! Dans cette perspective, une prière peut inclure des hommages, des souhaits, des invocations, des vœux, des engagements, de la reconnaissance, des requêtes, des remerciements, des expectations ...   Ce qu’il faut comprendre, c’est que les Déités bouddhistes sont considérées comme des formes d’énergie; des archétypes représentant des qualités que nous voulons développer; des émanations subtiles s'associant à la Nature pénétrante de notre Esprit. Elles sont intangibles, certes, mais cela ne veut pas dire qu'elles n'existent pas, dans une autre Dimension! Elles vont servir de supports, de points d’appui, d’ancrages pour faciliter le ressenti d’une Présence, l’appropriation d’une identification, la réalisation d’une visualisation. Parce que les voiles obstruant notre Esprit nous empêchent de les observer concrètement, nous devons trouver des moyens habiles pour les imaginer virtuellement! Comment pouvons-nous prier? De quatre façons interdépendantes! Question pertinente: Comment visualiser ce qui est voilé? Supposons que nous souhaitions développer l’une des 5 Sagesses fondamentales, par exemple, la Sagesse Discriminante, et que, pour ce faire, nous voulions nous assurer de l’aide du Bouddha, symbolisant cette Sagesse, le Bouddha Amitabha. Nous pourrions débuter en nous concentrant sur une image choisie de ce Bouddha. Assis en position de lotus, ou adamantine, sur un lotus blanc à 8 pétales; Il tient  entre ses mains un bol d’aumône, dans son giron. Habillé de soieries multicolores, Il est paré d’ornements : colliers; bracelets, boucles d’oreilles. Son corps est de couleur rouge! Après avoir décrit verbalement les caractéristiques de ce Bouddha, à plusieurs reprises, nous tenterons de le visualiser intérieurement en fermant les yeux. Après plusieurs essais, et après y avoir accordé le temps nécessaire, nous pourrons obtenir des résultats convaincants! La pratique aidant, nous pourrions y ajouter divers attributs, dont la syllabe-germe HRI, rayonnante au niveau de son cœur. Puis, nous pourrions visualiser son mantra (OM AMI DEWA HRI), tournoyant autour de cette syllabe! Une fois l’exercice de visualisation bien maîtrisé, il faut pouvoir y revenir à volonté, et y demeurer le temps désiré! En fait, toute cette mise en scène constitue un « moyen habile », pour que notre Esprit puisse s’identifier à cette Source d'énergie, cet archétype de qualités personnifié par le Bouddha Amitabha. A chaque fois, nous devrons "déconstruire" cette hallucination pour ne pas nous prendre au jeu et pour confirmer que ce n'était qu’une pure construction de notre Esprit! En somme, dans le Bouddhisme, tout devient symbolique et nous renvoie, constamment, à l’entraînement et à la compréhension de notre propre Esprit. Visualiser, c'est donc pouvoir se métamorphoser en un autre Être, libéré du Samsara, et pouvoir s'imbiber des qualités qu’Il a su développer! Pour faciliter toute Visualisation, une observation détaillée de l’objet, sa description verbale de même que sa représentation graphique est suggérée! Une Liturgie bien adaptée peut aussi jouer un rôle important dans le développement de toute identification! Dans la liturgie bouddhique, on retrouvera, notamment : a) des chants : tirés de Soutras énoncés par le Bouddha, ou de textes particuliers appelés « Sadhanas ». Exemple : Soutra du lotus chanté dans l’École Zen; b) des mantras : formules en sanscrit, louangeant un Bouddha ou un Bodhisattva. Exemple : « Namu Amida Butsu », récité dans l’École de la Terre Pure et louangeant le Bouddha Amitabha; c) des dharanis : chants dont la sonorisation fait vibrer notre corps subtil. Exemple : sons de gorge, propres au Bouddhisme tibétain; d) des gathas : citations ou extraits chantés, tirés d’un ouvrage religieux d’importance. Sont aussi utilisés comme supports : a) le mala : chapelet composé de 27 ou 108 grains; pour comptabiliser les invocations; b) le moulin à prière : cerceau remplit de rouleaux de mantras, tournés par le pratiquant à certaines occasions; c) les drapeaux de prière : ensemble de drapeaux de 5 couleurs, représentant les 5 Familles de Bouddhas transcendantaux (Dhyanis Bouddhas) et placés à l’extérieur d'un Temple, d’un Stupa, ou tout autre endroit, pour être ballottés par le vent; d) les instruments de musique : le tambour, le cors, le haut-bois, les trompettes, le kusaku ...
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